CINEMA AMAZIGH

Entretien avec Hachemi Assad, commissaire du Festival du film amazigh“Nous nous engageons à faire de la 9e édition un succès retentissant”

Hachemi Assad, commissaire du Festival du film amazigh, revient dans cet entretien sur le festival consacré au cinéma amazigh. Il a souligné que les festivités seront placées «sous le slogan de l’Unesco. “Pour une libre circulation des idées par le mot et par l’image.» M. Assad a, aussi, abordé la 9e édition du festival qui aura lieu du 12 au 15 janvier prochain dans la capitale de Mekirra, Sidi Bel Abbés.

La Dépêche de Kabylie : L’édition de Sétif (8e) a- t-elle atteint les objectifs escomptés ?

Hachemi Assad : Tous les commentaires de la presse le confirment fort bien.

A Sétif, la barre a été relevée de quelques crans et bien entendu cette 8e édition s’est terminée en apothéose après cinq jours d’intenses et riches activités, marquées par un niveau de qualité supérieure à tous les plans, du fait de la conjonction d’un certain nombre de facteurs dont principalement la mise en place d’un jury international composé d’éminentes personnalités, l’ouverture de la compétition aux cinéastes maghrébins, la collaboration étroite avec les ateliers d’initiation et de formation à l’image des encadreurs étrangers et nationaux de haut niveau, la participation effective d’associations de professionnels du 7ème art (telles l’ARPA et Lumière), l’organisation d’activités connexes (telle la tenue d’un colloque international) auquel ont pris part d’éminentes personnalités.

Quels sont les volets pris en considération en vue de la prochaine édition de Sidi Bel Abbès ?

Fort du soutien du ministère de la Culture, des professionnels du cinéma, des cinéphiles amis du Festival du film amazigh, nous nous engageons à faire de la 9e édition un succès retentissant. Nous avons préparé sereinement cette édition dans le calme absolu.

Le rythme d’évolution très rapide et l’ampleur grandissante de la manifestation nécessitent davantage de moyens humains, matériels et financiers. Notre festival depuis son institutionnalisation est considéré comme l’événement culturel cinématographique phare.

Q’en sera-t-il concernant les films qui seront en compétition et hors compétition ?

Côté programme cinématographique, nous avons cette fois aussi la chance de voir beaucoup de films.

Au titre des films en compétition, nous avons visionné avec le comité de sélection soixante-trois (63) films et seulement dix-neuf (19) sont retenus dont neuf courts métrages, quatre documentaires, quatre longs métrages et deux films d’animation. C’est pour vous dire que la rigueur était de mise. Toutefois, nous regrettons de ne pas disposer de beaucoup de films en pellicule comme en 2007 avec l’événement exceptionnel de «Alger, capitale de la culture arabe.» En ce qui concerne les films en hors compétition, on dénombre vingt-quatre (24) films classés sous quatre registres : Panorama amazigh avec six (06) films, films par le biais des cinébus six (06) et en fin films de nationalités étrangères avec douze (12) réalisations. A ce propos, il nous sera donné de voir des films iraniens, turcs, français, suisses, etc., pour certains en présence de leurs réalisateurs/et ou auteurs d’œuvres adaptées comme le Gone de chaâba, Un Amour à Istanbul, etc.

On dit que le cinéma national souffre de bureaucratie et du manque de moyens, qu’en pensez-vous ?

Ecoutez nous vivons aujourd’hui les prémiceses d’une vraie relance du secteur cinématographique national. Un travail de fond est entamé depuis quelques années par Khalida Toumi, ministre de la Culture. Les premiers fruits sont là, il suffit seulement d’ouvrir grands ses yeux. Nos jeunes ont préféré aller de l’avant, tracer des pistes et redonner au cinéma national un nouvel essor. Ils donnent la preuve qu’il est possible de trouver en Algérie, un certain nombre de talents qui ne demandent qu’à se perfectionner et à s’épanouir. C’est la raison pour laquelle nous nous investissons, en tant que Festival du film amazigh, sur le volet formation. Pour répondre à votre question, je crois que le meilleur moyen d’avancer c’est d’écrire des scénarios et de faire des films. Au lieu de cultiver regret et nostalgie sur les heures de gloire du cinéma national, il faut faire confiance au présent et au futur.

Quels sont les objectifs de l’édition de Sidi Bel Abbès ?

Ce sont les mêmes objectifs pour toutes les éditions : présenter la production filmique nationale et internationale sous une optique culturelle, artistique et sociologique ; refléter les expressions nationales dans leur diversité de mosaïques, conquérir d’autres espaces festivals en intégrant la cinématographie nationale. Nous avons choisi l’itinérance pour dire le plus simplement du monde, via le 7e art, que la promotion de la diversité linguistique, composante essentielle de sa diversité culturelle, passe par le partage des valeurs communes, au premier rang desquelles se trouvent l’ouverture et le respect des autres langues et des autres cultures.

Un mot pour conclure ?

Aujourd’hui le festival a arraché ses galons et s’impose comme un espace d’expression cinématographique incontournable en Algérie, mais aussi depuis peu au Maghreb. Je suis fier de cette réalisation qui fait honneur à l’Algérie. Pour terminer je peux affirmer que Sétif a été l’escale de la professionnalisation, Sidi Bel Abbès sera celle de la maturité !

Entretien réalisé par Kahina Idjis

DEPECHE DE KABYLIE 18 DECEMBRE 2008