Ait Ahmed Hocine :un révolutionnaire , et homme respectable

Ait Ahmed Hocine :un révolutionnaire , et homme respectable

Hocine Aït Ahmed est un homme politique algérien né le 20 août 1926 à Ain El Hamam en Kabylie. Docteur en droit, il est l’un des principaux chefs du Front de libération nationale (FLN). Aït Ahmed démissionne du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) et de tous les organismes du nouveau pouvoir la crise de l’été 1962. En septembre 1963 il fonde le Front des forces socialistes (FFS) qui réclame le pluralisme politique face au verrouillage de la vie politique imposé par le système du Parti unique. Arrêté et condamné à mort en 1964, il s’évade de la prison d’El Harrach en mai 1966. Exilé en Suisse, il rentre en Algérie après les émeutes de 1988 mais quitte de nouveau son pays après l’assassinat de Mohamed Boudiaf en 1992. Il reviendra à plusieurs reprises en Algérie, notamment à l’occasion du 50e anniversaire du déclenchement de la guerre de libération (1er novembre 1954). À 16 ans, encore lycéen, il adhère au Parti du peuple algérien (PPA). Il devient, rapidement, le plus jeune membre du Comité central auquel il présente, en 1948, un rapport décisif sur les formes et la stratégie de la lutte armée pour l’indépendance. Lors du congrès clandestin du PPA tenu à Belcourt en 1947, il avait déjà préconisé la création d’une Organisation spéciale (OS) chargée de la formation des cadres militaires et de la mise en place d’un dispositif clandestin pour initier et développer la lutte armée. Désigné par le Comité central du PPA au Bureau politique, il se voit confié la direction de l’OS, en remplacement de Mohamed Belouizad, atteint de tuberculose. Durant deux ans, il a mis en place – à l’échelle nationale – les structures pour la formation politiquue et militaire pour mener à bien la guerre de libération. C’est dans ce contexte qu’il organise le hold-up de la poste d’Oran, qui permit, en mars 1949, de s’emparer d’une importante somme d’argent, sans effusion de sang. L’aile ‘légaliste’ des instances dirigeantes du PPA-MTLD (Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques), exclut pour « berbérisme » Aït Ahmed et porte Ahmed Ben Bella à la tête de l’OS, dont il était le responsable en Oranie. La découverte de l’OS par les services de renseignement français précipite la dissolution de l’OS. Le 1er mai 1952 Aït Ahmed s’installe au Caire. Recherché par les autorités françaises, il est désigné membre de la délégation du PPA-MTLD, en exil au Caire. Aït Ahmed insiste sur l’importance de la diplomatie pour donner une visibilité politique au plan international du mouvement e libération. Il assiste à la première Conférence des partis socialistes asiatiques, réunie en janvier 1953 à Rangoon en Birmanie. L’une des premières résolutions adoptée par cette organisation d’inspiration marxiste consiste à soutenir la lutte de libération du Maghreb. La Conférence met en place un bureau anti-colonial dont le rôle, notamment, est de suivre les luttes anti-coloniales auprès de l’Organisation des Nations unies (ONU). Aït Ahmed se rend au Pakistan, en Inde et en Indonésie pour créer des Comités de soutien à la cause de l’indépendance algérienne. En avril 1955, il dirige la délégation algérienne à la Conférence de Bandung. Les résolutions prises par cette Conférence en faveur du droit à l’autodétermination et à l’indépendance des trois pays du Maghreb ont été préparées par les trois partis nationalistes (Tunisie, Maroc, Algérie) qui ont su mener une action commune sur la base d’un ‘Mémorandum Maghrébin’. En avril 1956, il ouvre et dirige le bureau de la délégation du FLN à New York. En septembre 1955, le problème algérien est inscrit à l’ordre du jour de l’Assemblée générale de l’ONU. Ce qui provoque le retrait retentissant de la délégation française, présidée par le Premier ministre Antoine Pinay. En octobre 1956, Aït Ahmed est arrêté par les autorités française, en compagnie de Mohamed Boudiaf, Mohamed Khider, Ahmed Ben Bella et Mostefa Lacheref, dans l’avion qui les conduisait du Maroc à Tunis où devait se tenir une Conférence maghrébine de la Paix. Tout au long de sa détention, Aït Ahmed communique avec les dirigeants du FLN-ALN (Armée de Libération Nationale) (voir “La guerre et l’après guerre”, éditions de Minuit, 1963, Paris). Dans la plus importante de ces communications, Aït Ahmed en appelle avec urgence à la création d’un Gouvernement provisoire en exil. Il considère que cette initiative peut contribuer à résorber la crise interne suscitée par des responsables qui s’opposent au Congrès de la Soummam, (tenu en août 1956) et préparent un congrès antagoniste. Membre du Conseil National de la Révolution algérienne (CNRA) et du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA), Hocine Aït Ahmed, dès sa libération, en 1962, prend une position ferme contre la violence de l’Etat-major des frontières. Il met en garde les notables politiques contre un processus de crise qui risque de dégénérer en guerre civile . Il dénonce le groupe de Tlemcen et le groupe Tizi-Ouzou. Il appelle les forces d’avant-gardes – femmes, syndicats, étudiants etc. – pour faire barrage aux affrontements autodestructeurs. Les grandes manifestations populaires au cri de «Sbaa snin barakat!» (Sept ans cela suffit !) avaient pu interrompre momentanément ces violences. Elu membre de l’Assemblée nationale constituante (ANC) – sur une liste unique de candidats dont il dénonce le principe -, il accepte néanmoins d’y siéger pour un double objectif. Premièrement s’efforcer d’initier à partir de cette institution une vie politique avec des débats publiques en y associant la société. Deuxièmement veiller à ce que la commission chargée d’élaborer la constitution au sein de l’ANC termine son projet de constitution et le soumette aux débats libres et démocratiques des « élus » de la nation. Il fallait que l’ANC adopte la projet de constitution dans les délais légaux afin de le soumettre au corps électoral par voie référendaire. Le FLN refusant la démocratisation, Ferhat Abbas, président de l’Assemblée Constituante baffouée, démissionne. Plusieurs députés suivent son exemple dont Aït Ahmed qui fonde alors, en septembre 1963, le Front des forces socialistes (FFS). La répression du FLN s’abat sur la Kabylie et présente le FFS comme un mouvement séparatiste. Alors que des violences de l’armée contre la population civil se poursuivent, des maquis de résistance s’organisent. Les tentatives de consiliation du FFS échouent ne permettant pas d’éviter la poursuite des massacres et l’installation de la dictature. Arrêté en octobre 1964, Aït Ahmed est condamné à mort, puis gracié. Il est mis en prison à Lambèse. Voulant écarter Houari Boumediene, le Président Ahmed Ben Bella prétend vouloir s’ouvrir à la société et entrer dans un processus de négociation avec le FFS. Suite à des négociations menées à l’étranger, le FLN (Parti unique) et le FFS parviennent à un accord, qui sera rendu public par la presse nationale le 16 juin 1965. Trois jours plus tard (le 19 juin 1965), le coup d’Etat, perpétré par Houari Boumediene met fin aux espoirs de voir le pluralisme et la démocratie d’instaurer en Algérie. Le 1er mai 1966, Aït Ahmed s’évade de la prison d’El Harrach, et se réfugie en Suisse. Il n’a de cesse de militer pour la promotion et la défense des droits de l’homme et pour l’unité du Maghreb. Il obtient sa licence en droit à Lausanne en Suisse. Puis, il soutient une thèse de doctorat, à Nancy, en 1975, sur «Les droits de l’homme dans la Charte et la pratique de l’OUA». À l’occasion du «Printemps berbère» (1980), il joue avec le FFS un rôle modérateur d’encadrement politique des militants afin d’empêcher l’irruption de la violence et inscrire la revendications linguistique et culturelle dans l’exigence du pluralisme politique au niveau national. Le 16 décembre 1985 il lance avec Ahmed Ben Bella un appel au peuple algérien pour l’instauration de la démocratie et le respect des droits de l’homme est lancé depuis Londres. Les deux anciens du FLN font de la restitution au peuple algérien de son droit à l’autodétermination la pierre angulaire d’une «Alternative démocratique». Les événements sanglants d’octobre 1988 et ses répercussions internationales pousse la dictature algérienne a un semblant d’ouverture. Aït Ahmed rentre en Algérie en novembre 1989. Après plusieurs péripéties, le FFS est finalement reconnu. À l’occasion de l’annulation du premier tour des élections législatives de 1991, Hocine Aït-Ahmed met en garde contre le danger de voir les armes prendre le pas sur les urnes. Son parti organise, le 2 janvier 1992, la plus grande manifestation que la capitale ait connu depuis l’indépendance, avec pour credo «Ni État policier, ni République intégriste». En juin 1992, une semaine avant l’assassinat de Mohamed Boudiaf, Aït Ahmed propose une Conférence nationale destinée à promouvoir une sortie de crise sur le modèle sud-africain. Après l’assassinat de Boudiaf, le climat de terreur et le verrouillage total de la vie publique s’aggravant, Aït Ahmed préfère s’exiler pour continuer à mener son combat. En 1995, Aït Ahmed signe à Rome, avec les représentants de six autres formations et des personnalités politiques, une plate-forme pour la sortie de la crise et le retour à la paix. Les signataires du “contrat national de Rome” s’entendent sur un contrat politique constitué d’un ensemble d’engagements dont les plus importants sont l’alternance au pouvoir, la liberté de culte, la primauté de la loi légitime sur tout autre loi issue d’assemblées non élues légitimement, l’égalité des citoyens sans distinction d’aucune sorte, l’accession au pouvoir par des moyens pacifiques, le rejet de la violence pour se maintenir au pouvoir ou pour y parvenir. Le 2 février 1999, il est de nouveau en Algérie. Sa candidature à l’élection présidentielle est annoncée trois jours plus tard. Après une campagne électorale menée à travers tout le pays, il décide, avec Six autres candidats, de se retirer de l’élection. Ils dénoncent la fraude qui, selon eux, a déjà commencé. Abdelaziz Bouteflika est élu avec une forte majorité. Victime d’un infarctus, Aït Ahmed est transféré en Suisse à l’hôpital de Lausanne pour y être opéré. Après sa convalescence, il a repris toutes ses activité au sein du FFS. Aït Ahmed poursuit son combat politique pour contribuer à sortir l’Algérie de l’omerta’ internationale dont est victime le peuple algérien. Le FFS reste l’un des plus importants parti politique d’opposition.

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