Le député Mohamed Khendek dénonce un cas de torture

La wilaya de Tipaza en a été le théâtre

Le député Mohamed Khendek dénonce un cas de torture

El Watan, 14 juin 2009

Omar Imekraz, un jeune homme de 30 ans, habitant Nador dans la wilaya de Tipaza, a déposé plainte auprès du procureur militaire de Blida contre un officier de la gendarmerie pour torture. Le député du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), Mohammed Khendek, qui a tenu à médiatiser cette affaire, dénonce le mutisme des autorités civiles et militaires de la wilaya de Tipaza face à ce cas « d’atteinte à la Constitution et aux droits élémentaires des citoyens ». « En date du 17 mars 2009, ce citoyen, convoqué à se présenter dans les locaux de ladite section pour un interrogatoire, subira une véritable torture physique », souligne M. Khendek dans sa lettre adressée au journal. Alors qu’« il ignore toujours les griefs retenus contre lui, le jeune Imekraz a été victime d’une torture qui lui a occasionné une interruption temporaire de travail de douze jours, le certificat médical du médecin légiste faisant foi, et dont une copie nous a été remise », indique l’élu du RCD qui affirme, toutefois, ne pas remettre « en cause la convocation et n’a pas l’intention de s’immiscer dans le fonctionnement de l’instance sécuritaire ».

M. Khendek précise en outre que la plainte déposée le 30 mars 2009 auprès du procureur militaire est restée lettre morte. Nous avons confirmé ces dires auprès du jeune Omar Imekraz, qui affirme « avoir été battu » par le chef de la section de recherche et d’investigation de la Gendarmerie nationale. « Ce jour-là, je me suis rendu dans un bar-restaurant à Tipaza pour honorer un rendez-vous avec une jeune femme. Je mangeais lorsque douze éléments de la gendarmerie m’ont demandé de les suivre à la brigade qui se trouvait juste en face. On m’a retenu de 17h jusqu’à 22h. Et là, le chef de la section m’a tabassé, j’ai eu droit à des coups de pied, des coups de poing. J’avais un abcès et l’officier me donnait des coups de poing à l’oreille. A ce jour, mon oreille me fait mal », nous confie Imekraz. A la question de savoir ce qui justifie sa convocation, notre interlocuteur indique que l’officier en question « m’a intimé l’ordre de ne plus revoir la jeune femme avec qui je me trouvais ». Le calvaire d’Imekraz ne s’arrête pas là. « Je suis fatigué de recevoir depuis ce jour des convocations de sa part », note le jeune homme.

« Le 4 mai 2009, deux personnes en civil se pointent au domicile d’Imekraz, lui demandent de se munir du livret de famille et de les suivre. Il sera dirigé vers les mêmes locaux où il avait été torturé », précise M. Khendek dans son courrier. Et d’ajouter : « Il sera reçu par ce même chef de section qui lui fera comprendre qu’étant intouchable, il avait tout intérêt à retirer sa plainte sous peine de voir son père et ses frères emprisonnés. » Mohammed Khendek continue son récit des faits et indique qu’« avant d’être relâché, l’officier prendra soin de lui couper une mèche de cheveu pour, dira-t-il, l’analyser ». Le député RCD a entrepris comme action d’informer, par écrit, le wali en date du 10 mai dernier. « En insistant sur le fait qu’en sa qualité de représentant de l’Etat, il était garant de la sécurité des biens et des personnes », note M. Khendek. « Suite à ce courrier, le jeune Imekraz n’a plus été inquiété. Mais le 10 juin, l’officier récidive. Il convoque de nouveau le jeune homme pour lui faire signer un document reconnaissant qu’une mèche de cheveu lui avait été prélevée lors de son premier interrogatoire », indique le député.

Le commandement de la gendarmerie dément

Contactée par nos soins, la cellule de communication du commandement de la Gendarmerie nationale s’interroge pourquoi le jeune Imekraz ne s’est pas plaint auprès du chef hiérarchique de la compagnie et du groupement de gendarmerie. « Si cette personne se sent lésée, elle est la bienvenue au niveau du commandement de la gendarmerie et nous l’assurons qu’une enquête sera immédiatement ouverte. Si cette enquête détermine que les faits relatés sont avérés, l’officier sera sanctionné. Par contre si elle détermine que le citoyen a fait une fausse déclaration, il sera poursuivi en justice », indique le commandant Kerroud, réfutant l’existence d’un tel cas. Il indique que la procédure veut que le procureur de la République soit avisé de chaque arrestation et que chaque prévenu lui soit présenté à la fin de la garde à vue muni d’un procès-verbal et d’un certificat médical. « Les seuls cas signalés à Nador sont ceux des jeunes émeutiers qui ont incendié la brigade de sécurité routière. Ces personnes ont été gardées à vue pour des raisons d’enquête pour troubles à l’ordre public », dit-il.

Par Nadjia Bouaricha

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