interiew de Karim Tabou

Karim Tabbou.

Premier secrétaire du Front des forces socialistes (FFS)

« Ce qui se passe à Ghardaïa c’est le printemps noir bis »

De l’arrestation des militants FFS à Ghardaïa aux alternatives de changement du système politique, Karim Tabbou brosse pour El Watan Vendredi un tableau peu optimiste de la chose politique algérienne. Entre répression et stigmatisation de la protestation, les forces du changement se trouvent exsangues sans pour autant abdiquer, selon le premier secrétaire du plus vieux parti d’opposition. – Dans le sillage des derniers heurts à Berriane, des militants de votre parti ont été arrêtés à Ghardaïa, dont le secrétaire national Kamel Eddine Fekhar, avant d’être relâchés. Comment analysez-vous ces arrestations ? – Notre militant est accusé d’avoir incendié un véhicule avec d’autres jeunes de Berriane, lors des événements. Il s’agit d’une opération punitive contre le FFS et un message pour intimider la population, car nos élus ont établi un espace de dialogue entre eux et la population, ils leur rendent compte des affaires de leur wilaya. Nos élus avaient dénoncé, en apportant des preuves, que la catastrophe – les inondations d’octobre 2008 –, qu’a connue la région, est aussi d’origine humaine avant qu’elle ne soit naturelle, car il y a un marché douteux de construction passé par les réseaux mafieux que le FFS avait révélé dans un rapport. – Le FFS est accusé également, par le ministre délégué Ould Kablia, d’être derrière les événements de Berriane… – Le problème qui se pose dans cette région est qu’il y a une conscience politique qui dérange les autorités. Cet espace de libre expression fait l’objet aujourd’hui de répressions policières. La population refuse le traitement répressif réservé à leur problème malgré les opérations médiatico-politiques menées par Ali Tounsi ou Ould Kablia. C’est une approche policière de la politique, car ils veulent imposer un modèle de gouvernance à cette région, qui est d’ailleurs livrée à la mafia. Ils ont imposé les signataires de ladite « charte de réconciliation » entre les communautés de Berriane, qui ne sont pas légitimes afin de mettre fin à la grogne qu’a connue Berriane. C’est la même chose qui s’est passée en Kabylie, qu’on a bien « calciné » politiquement : ils ont créé les archs pour se les offrir ensuite dans un plateau de corruption ! Ce qui se passe à Ghardaïa c’est le printemps noir bis ! Bien qu’en Kabylie la facture a été lourde avec la centaine de jeunes assassinés par les forces de l’ordre. A Ghardaïa, les autorités ont judiciarisé les rapports sociaux et imposé un maillage policier digne de la période coloniale. S’ajoute à cela l’esprit raciste et racisant de nos dirigeants vis-à-vis de cette région. La ville de Berriane aujourd’hui est sous état d’urgence, sous embargo ! – Que voulez-vous dire par embargo ? – Une ville assiégée, à laquelle on veut imposer des représentants de l’administration. Toute contestation de ce procédé est réprimée. C’est une volonté des autorités de pacifier la région : elle est la porte du Grand-Sud où des enjeux économiques prolifèrent. Le régime, à défaut de pouvoir instrumentaliser la menace du terrorisme dans le Sud, trouve plus expéditif de quadriller cette région. On a voulu imposer cette approche policière et populiste à l’opinion publique, une approche orchestrée par les services. – Pourquoi l’opposition évoque-t-elle toujours le rôle des services (DRS) dans ce genre d’événements ? – Toutes les décisions sont prises par le chef des services. Leur technique à ces derniers est de dresser les uns contre les autres. Ensuite, interposer des effectifs impressionnants de policiers. Enfin, gérer la situation par le chantage. Ould Kablia a diligenté une enquête suite aux événements de Berriane afin d’aboutir à une conclusion : décrédibiliser les représentations politiques au niveau local. Berriane n’est pas à son premier incident d’ailleurs. En 1990, la région avait connu la même situation. Au lieu d’engager, à l’époque, un débat sérieux entre les deux parties dans une logique de dialogue, on a laissé les choses pourrir. Une manière de dire aux Algériens que toute tentative de changement mènera vers le chaos. On gère les émeutes à travers le chef de daïra et les walis, on gère la Kabylie par l’argent et la mafia et Ghardaïa par la police. Ajouter à cela la gestion régionaliste des affaires de l’Etat. Cependant, il y a des mouvements de protestation partout en Algérie. Car le pouvoir veut transformer le pays en un vaste commissariat ! Il n’y a pas une réunion de club de football, une assemblée générale d’avocats ou de médecins sans qu’il y ait un agent pour les surveiller ! L’Etat entretient un rapport de mensonge et d’escroquerie avec la population. Une des conditions de construction de l’alternative de changement est la renégociation d’un contrat de confiance avec la population. Et cela, en tenant compte que la société d’aujourd’hui n’est pas celle des années 1990, enthousiaste prédisposée à agir dans l’immédiat. Aujourd’hui, nous sommes face à une population qui supporte difficilement l’impact du mensonge, des fausses promesses et des politiques violentes qui ont été menées à son encontre, et ce, depuis 1991 à ce jour. Cela se passe en présence d’une élite qui tente de s’interposer, mais qui n’est pas décidée à aller soit dans le sens du courant du pouvoir, soit vers la population. On a fait de ce pays une vaste salle d’attente sans avoir le droit d’attendre ensemble. – Quelle serait l’alternative à cette situation ? – Eh bien paradoxalement, dans ce climat de confusion et de désarrois socioéconomique, c’est bien la population, et non les partis politiques, qui semble avoir pris conscience de la nature de la crise. Les partis démocrates ont tout intérêt à afficher une position claire vis-à-vis des mouvements sociaux de contestation. Tout rapprochement avec le système – négociation de quotas au Parlement ou autres repositionnements à l’intérieur du système – ne fera que les éloigner des aspirations de la société. Cette dernière ne se reconnaît plus dans cet Etat et ne se sent pas représentée dans ses institutions. Que ceux qui veulent se proclamer force de changement désertent les sentiers du pouvoir pour revenir sur le chemin qui mène à la société ! Beaucoup pensent que le seul changement possible c’est celui de changer le système de l’intérieur. Seulement voilà, cela arrange le régime qui continue de promouvoir l’idée – même vis-à-vis de nos partenaires étrangers – qu’il n’y pas d’alternative de changement en dehors de lui-même. On a fait croire que Mohamed Lamari – ex-chef d’état-major de l’armée – était le représentant du courant progressiste au sein du pouvoir, alors qu’en réalité il n’existe ni courant progressiste, ni conservateur, ni autre au sein du régime. Il y a un seul parti : le DRS. – Vous avez appelé à un rassemblement des forces démocrates, qu’en est-il aujourd’hui ? – Que ceux qui présument que le rassemblement démocratique consiste simplement à additionner des sigles se trompent. Il s’agit d’abord d’une entente consensuelle de toute la société sur la manière de traduire les contestations populaires en revendications politiques. Cela concerne toutes les personnes de bonne volonté, soucieuses de l’avenir de ce pays et prêtes à s’inscrire dans un processus de sortie de crise concret à travers des actions sur le terrain. – N’y a-t-il pas une démobilisation de la société qui l’empêche d’aspirer au changement ? – En vérité, les forces du changement existent, mais elles restent dispersées. On les trouve aussi bien dans la presse, parmi les syndicalistes, dans les milieux universitaire ou associatif. Il existe une vie politique au sein de ces microcosmes. Et tous ces gens-là partagent une aspiration commune : le changement. En réalité, ce sont les politiciens qui commencent à se détourner de la politique. Au niveau du FFS, nous avons lancé une initiative au sein de notre parti afin d’apporter la preuve que la société n’est pas dépolitisée. Nous avons donc créé une école de formation destinée à nos élus et cadres. L’idée était de créer un instrument nouveau de mobilisation interne. – Vous l’avez présenté comme étant une école ouverte à tout le monde… – Elle a été ouverte par la suite au public. Nous avons enregistré 3200 inscrits, pour la plupart des étudiants. Nous étudions maintenant sa décentralisation et son élargissement à travers les wilayas du pays. – Certains évoquent le projet d’une amnistie offerte par le président Bouteflika, qu’en pense le FFS ? – L’amnistie fut proclamée depuis l’avènement de Bouteflika ! Si nous étions dans un Etat de droit, Bouteflika aurait dû être présenté devant les tribunaux et non pas candidat à l’élection présidentielle. Tout le monde sait que Bouteflika avait des problèmes avec la Cour des comptes ! La première amnistie décrétée fut celle de permettre à Bouteflika de se porter candidat grâce au pacte scellé avec les militaires. Pacte selon lequel Boutelfika s’engage d’être garant des intérêts de ce même pouvoir. Un autre pacte d’entente a été négocié aussi entre les groupes islamistes armés et le DRS sur le dos de toutes les victimes de ce pays. A la fin, on a rendu hors la loi le principe même d’en parler. Donc c’est plutôt une auto-amnistie qu’autre chose. En 1991, le solgan du FFS était « Ni Etat policier ni Etat intégriste ». Aujourd’hui, le pouvoir a réussi une synthèse : l’Etat militaro-intégriste, bâti sur un pacte de complicité et de silence. Bio express Karim Tabbou est né le 2 juin 1973 aux Ouadhias, à Tizi Ouzou, et est licencié en économie à l’université de Tizi Ouzou. Il a rejoint les rangs du FFS en 1991. De simple militant au FFS, il gravit les échelons pour être d’abord nommé porte-parole du parti en 2005, puis, en 2007, il est désigné secrétaire général du FFS par le président du parti, Hocine Aït Ahmed.

Par Zouheir Aït Mouhoub

el watan

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DEPECHE DE KABYLIE-Mouloud Zedek enflamme Tizi

Il s’est produit, lundi, à la Maison de la culture

Mouloud Zedek enflamme Tizi

Un grand artiste s’est produit, lundi dernier, en face d’un public des grands jours constitué essentiellement de familles. Mouloud Zedek a incontestablement réussi son pari. Le retour de l’enfant des Ath Douala sur scène à Tizi Ouzou s’est avéré un grand moment de retrouvailles entre un artiste qui tenait à faire plaisir à ses fans et ces derniers qui n’attendaient que sa venue pour profiter pleinement de ses œuvres. Malgré la chaleur torride qui a sévi en cette journée de lundi dans la ville des Genêts, la foule s’est déplacée en nombre à la salle des spectacles de la Maison de la culture Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou, qui s’est avérée trop exiguë pour la contenir. Il est 14h, la salle est pleine comme un œuf. Une coupure d’électricité retardera l’entrée de l’artiste adulé. Le public s’impatiente mais l’animateur vedette de la chaîne II, Arezki Azzouz, s’occupe merveilleusement de lui avec son style original, avant que Mouloud Zedek n’apparaisse sous un tonnerre d’applaudissements et de youyous, des signes qui ne peuvent guère tromper. Le spectacle va être grandiose. Déjà avant le début du spectacle, l’artiste tenait bien à rendre à son fidèle public la monnaie de la pièce. Sa prestation magistrale, trois heures durant, a fait oublier aux présents les soucis du quotidien. Plusieurs fans de Mouloud Zedek plongeront à l’occasion dans le passé à trevers des titres tels que Zer Ighthem Tayri. Le public est aux anges et complètement conquis. “L’hommage à Lounès Matoub, un grand moment d’émotion !” Mouloud Zedek entonnera ses meilleurs titres. Afadhma, Arwah Truh, Thakendourth feront vibrer la salle. L’ambiance s’alternait entre un silence provoquant les consciences et incitant à la méditation et un air de fête où les présents ne s’empêchaient pas de se défouler. Cependant, c’est l’hommage rendu à Matoub Lounès à quelques jours de l’anniversaire de son assassinat, qui a été le moment fort du spectacle. Mouloud Zedek a tenu, comme il nous l’a déclaré la veille, à rendre un vibrant hommage au rebelle qu’“on ne doit pas oublier” dira-t-il. Il chantera à l’occasion deux de ses chansons qui ont été reprises à chœur par le public. L’enfant des Ath Khelfoune présentera, sur insistance de ses fans, une de ses nouvelles chansons qui n’a, d’ailleurs, pas laissé insensibles les présents qui ont apprécié. Mouloud Zedek a vérifié ce lundi la grande estime et l’amour que lui voue le public tizi-ouzéen. Il confirme aussi qu’il se pose en vraie relève, et le public le considère comme le digne héritier des Slimane Azem, El Hasnaoui et les autres grands artistes. Le spectacle de ce lundi l’a amplement prouvé. Enfin.

Amar Zeghni

TARIQ RAMADAN et le discour d’OBAMA au caire

Qu’avez-vous retenu du discours d’Obama adressé aux musulmans ?

Tariq Ramadan: Faire ce discours en Egypte, y parler de démocratie alors qu’effectivement ça n’est pas un régime démocratique, c’est déjà problématique. Ensuite sa justification de la guerre en Afghanistan est aussi problématique, parce que les civils en Afghanistan étaient des innocents, qui n’avaient rien à voir avec le 11 septembre. Sans compter, bien sur, la question palestinienne. Je trouve qu’il met beaucoup de choses sur le même pied, même s’il reconnaît la souffrance des palestiniens. C’est vrai qu’il y a des critiques à faire sur le plan de son analyse des perspectives de paix.

Obama prend clairement position pour la création d’un État Palestinien souverain. Pensez-vous qu’il s’agisse d’une volonté réelle ou d’un simple discours qui n’aura pas de suites, sachant que le lobby pro-israélien, hostile à cette solution de deux États, est très influent aux État-Unis ?

Ce qui est très important -et beaucoup l’on déjà dit- c’est ceci: les propos d’Obama sont intéressants, mais aura-t-il le courage d’aller jusqu’au bout ?

Dans un article que j’ai écrit juste après son discours, c’est exactement ce que je posais comme question: est-ce qu’il aura le courage et aussi la possibilité de mettre cela sur pied. On sait qu’un président n’est pas élu uniquement par la voix du peuple, mais aussi par le soutien financier et par le soutien d’un certain nombre de lobbies.

Par conséquent, il sera extrêmement difficile pour lui d’appliquer une politique qui soit tout simplement égalitaire entre les deux parties et qui respecte le droit des palestiniens. Il ne faut donc pas s’attendre, sur cette question là, et cela pendant son premier mandat présidentiel, à une révolution de la part d’Obama. Maintenant, encore une fois, il a parlé d’occupation, il parlé de la légitime reconnaissance de la souffrance des palestiniens… Il y a donc un certain nombre de choses au sujet desquelles le discours est nouveau. Tout le monde aujourd’hui se pose la question de savoir si celui-ci sera suivi par une politique cohérente, ou est-ce que ce sont juste des mots dans le but d’apaiser.

Justement, pourquoi l’administration Obama a-t-elle choisi ce discours d’apaisement et privilégie-t-elle la voie du dialogue ?

Je pense de toute façon qu’il est certain que du point de vue de son engagement et de son mandat, il veut se différencier de la politique de Bush. Il est certain aussi que les États-unis ont effectivement besoin d’un changement d’image dans le monde entier et dans le monde musulman plus particulièrement. Ce n’est pas simplement une question de discours, il y a aussi une volonté d’entrer en relation d’une façon différente et pas simplement avec le monde musulman, mais aussi avec l’occident et avec l’Europe. Obama a de toute façon adopté une position beaucoup plus multilatérale.

Obama a évoqué le droit des femmes à porter le voile islamique dans les pays non-islamiques, en insinuant au passage sa différence de point de vue avec Sarkozy sur cette question. Qu’en pensez-vous ?

Il est sûr implicitement il a fait référence à la France et à la décision d’interdire le foulard. C’est une formulation explicite de sa position différente de la France. Alors ce qui est intéressant, c’est que j’ai participé à une émission française samedi dernier, et que la seule chose qu’ils aient retenue, ou que l’on a voulu retenir, de toute l’heure qu’a duré le discours d’Obama, ce sont ces deux questions : l’Iran, comme s’il n’avait évoqué que l’Iran et puis la question du foulard.

Participait à cette émission l’ancienne présidente en France (Fadéla Amara ndrl) de l’association Ni putes ni Soumises, qui a déclaré que ce discours était une insulte au combat des femmes. Je trouve que c’est incroyable parce que Obama a dit deux choses : (1) que l’on ne peut pas, sous le couvert de la pensée libérale imposer aux femmes une façon de se vêtir et de penser, et (2) qu’elles doivent être libres de choisir.

C’est ce que moi j’ai toujours dit : il ne faut absolument pas que l’on impose le foulard, mais il faut aussi que l’on respecte le droit des femmes à le porter ; je suis donc contre le fait qu’on impose de le porter et contre le fait qu’on impose de l’enlever. Tout à coup on a l’impression qu’en France qu’il a dit quelque chose de tout à fait extraordinaire ! Tout le monde a salué ce discours de la dimension raisonnable, alors que c’est la position que j’ai toujours défendue et je continuerai à défendre.

Parmi les messages implicites que Obama a exprimé dans son discours, il y a son désir de voir les pays arabes adopter la démocratie pour que les peuples soient libres de porter au pouvoir les représentants qu’ils choisissent…

Sur le plan de la question démocratique là aussi, encore une fois, ne s’agit-il que de mots, ou est-ce vraiment une politique qui va changer. Il a parlé de démocratie dans un pays qui ne l’est pas (Égypte ndrl), il a fait une autre distinction, qui est très importante de mon point de vue, entre le principe de la démocratie et les modèles démocratiques. Mais l’appel à la démocratie est une bonne chose.

Les États-Unis ne sont pas, cependant, le meilleur exemple aujourd’hui de relations avec les régimes les plus démocratiques dans le monde arabo-musulman. Maintenant, il faut saluer le discours, mais nous attendons une vraie politique de promotion du processus de démocratisation dans le monde musulman.

Enfin, ce n’est pas Obama qui peut le faire. Et c’est la raison pour laquelle je dis qu’il faut prendre ce discours pour ce qu’il est : c’est à dire un message adressé aux sociétés majoritairement musulmanes, il ne faut pas s’attendre à plus. Je ne vois pas à brève échéance un changement politique de ce point de vue.

Un début de bras de fer oppose Obama à Israël sur l’Iran. Israël privélégie l’option militaire, alors qu’Obama cherche le dialogue diplomatique. Il n’est exclu qu’Israël passe à l’action pour mettre Obama devant le fait accompli…

Je crois que la dernière tentative d’Israël d’attaquer l’Iran date d’avant le départ de Bush. Je pense qu’il est assez clair qu’il est impossible pour Israël dans les circonstances actuelles de passer à l’offensive seul. En revanche, Israël évite systématiquement de parler du processus de paix et essaye toujours de dire que le danger dans la région est représenté par l’Iran. Même si Obama a exprimé son espérance de voir un monde sans arme nucléaire, le fait qu’il parle de l’Iran en ces termes peut laisser penser au double traitement dans la région… deux poids deux mesures.

La position d’Obama suit celle d’Israël sur le déplacement du centre de gravité de la question de l’arme nucléaire. Parce que le pays le plus dangereux de la région ce n’est pas l’Iran, c’est effectivement Israël, qui ne respecte rien et qui en plus possède l’arme nucléaire. Nous sommes entrain de parler de l’Iran, alors que l’on n’évoque même pas des 100 à 300 têtes nucléaires détenues par Israël.

Il faut être très prudent, Obama tend la main pour obtenir une discussion, et les iraniens ne sont pas naïfs, ils connaissent le poids des mots et le poids des lobbys aux États-Unis. Maintenant la vraie solution à la résolution des problèmes de la région reste la paix entre les palestiniens et les israéliens avec la reconnaissance des droits inaliénables du peuple palestinien.

Un Iran nucléaire c’est possible alors ?

Non, je pense que la position de l’Iran a évolué, même le guide Khameini a dit que l’arme nucléaire est anti-islamique. Moi même, je suis contre le nucléaire civil parce que je pense que ce n’est pas la bonne solution. Il ne faut pas continuer à entretenir le doute sur l’Iran. Le même doute a été entretenu pendant tellement longtemps avec les armes de destruction massive en l’Irak et finalement il n’y en avait pas, mais il y a eu une guerre. Je pense qu’aujourd’hui on fait jouer à l’Iran le rôle nécessaire de l’épouvantail.

Comment vous avez reçu la nouvelle du troisième mandat du Président algérien Abdelaziz Bouteflika ?

Je l’ai ma reçue, parce que je me suis battu pendant des années en citant l’exemple de l’Égypte et du Président Moubarak qui, tout les cinq ans change la Constitution. Il faut à un moment donné savoir partir, et quand on a fini son mandat, on l’a fini !
Mais être réélu et rester au pouvoir avec l’encouragement et la protection de l’armée, ce ne sont pas là des modèles de régimes démocratiques où il y a des transitions. De plus je ne crois pas que ce troisième mandat du président Bouteflika, ait été le résultat de la transparence démocratique qui est nécessaire à l’avenir de l’Algérie.

Et son projet d’amnistie générale ?

Tout cela doit se faire avec des règles et avec sagesse. Il est nécessaire à un moment donné de tourner la page, la question est de savoir comment on le fait. On ne sait pas qui fait quoi et qui a fait quoi, il y a des zones d’ombre. Je pense que le pardon et l’amnistie ne se font que dans la clarté et la transparence.

Il n’est pas possible, soit d’accuser et d’exécuter toute le monde, soit de pardonner à tout le monde. Pour moi aujourd’hui, ce sont de vraies questions sur lesquelles il aurait fallu se pencher et penser les étapes d’un processus qui rende la situation plus transparente et plus claire.

On ne pardonne pas dans le flou, on ne pardonne pas dans le silence, et on ne pardonne pas dans les ténèbres. Au moins il faudrait rendre la situation générale plus claire et, sans pouvoir tout révéler, mais au moins un minimum, pour permettre de savoir ce que l’on pardonne, et comment les choses peuvent se passer du point de vue civil, du point de vue politique et militaire. C’est comme si on avait traversé un trou noir de l’histoire algérienne et que tout à coup on ressorte de là en disant on pardonne tout et on recommence !

Quelle est votre position vis à vis de l’islam politique, par exemple celui qu’a connu l’Algérie avec le FIS (Front Islamique du Salut) ?

Concernant l’islam politique, ou ce que l’on appelle l’islamisme, encore une fois, il n’y a pas un seul modèle, mais plusieurs courants. Il y a des courants très dogmatiques, il y a des courants réformistes, il y a des courants plus démocratiques que d’autres. Le fait qu’on s’implique au nom de l’islam dans la politique ne disqualifie pas, ni ne qualifie de fait un courant. Il faut respecter les principes fondateurs d’un État de droit : la citoyenneté égalitaire, le suffrage universel, l’alternance et le respect des mandats, la séparation des pouvoirs, etc.

Il faut se mettre d’accord sur ces choses là. Si ce cadre est respecté, pendant et après le processus, et qu’on entre dans un débat de société, tout dépend ensuite de la façon dont on s’inscrit. Quand j’avais à l’époque entendu certaines thèses du FIS, j’avais été critique parce que j’estimais qu’elles étaient très problématiques quant à l’avenir politique et pluriel de l’Algérie.

Et qu’en est-il de la volonté de certains partis politiques d’obédience islamique quant à l’application de la Charia ?

Tout dépend de la façon dont on pense la Charia. Si dans l’application et dans la compréhension de la Charia. S’il s’agit du code pénal, de couper des mains et de s’en prendre à la dimension de la punition, là oui se serait très problématique. Maintenant, si la Charia c’est plus de justice sociale, de lutte contre la corruption, comme a pu l’appliquer par exemple le maire d’Istanbul, Erdogan, qui est devenu aujourd’hui Premier Ministre, là c’est autre chose.

Il faut arrêter de diaboliser les mots, mais il faut essayer de les définir. Donc il y a des gens qui les définiront de façon strictement répressive et coercitive, dans ce cas il faut bien entendu résister, il ne faut pas l’admettre. C’est une vision dogmatique qui est dangereuse. En revanche, j’ai croisé sur ma route des gens qui avaient une vision du rapport à la religion qui tenait beaucoup plus à la dimension sociale et qui aboutissait à une démarche politique. Encore une fois, il ne faut rien disqualifier. La liberté d’expression est nécessaire dans un État démocratique, c’est ce qui a fait que même en Europe, on trouve des mouvements de démocratie chrétienne et dans d’autres pays des théologiens de la libération.

Tout le monde n’a pas la même perception de ce qu’est la Charia. En Algérie, au nom du pouvoir, des mouvements qui étaient islamistes, que ce soit le FIS ou le Hamas algérien et même le mouvement de Jaballah, tous n’étaient pas d’accord ni sur la stratégie, ni parfois sur le contenu des mots, ni sur les finalités de l’action. A partir du moment où ils clarifient les termes qu’ils emploient et qu’ils disent exactement comment ils entrent dans le débat politique, sans imposer de dogmes, sans imposer au nom de la religion un cadre qu’ils rétrécissent, alors ils ont le droit à la parole dans une société démocratique.

Un mot pour conclure ?

J’espère le meilleur pour l’Algérie. Je sais que bientôt inch’Allah je pourrai vous rendre visite et sera avec un grand plaisir. Mais j’espère véritablement que l’Algérie tire profit quand même des ressources économiques très importantes à sa disposition et qu’elle obtienne vraiment un cadre social, humain et économique qui permette un minimum de bien-être. L’Algérie après toutes ces années de difficultés et de crises, pourrait jouer un rôle très très important dans le renouveau de l’Afrique du Nord.

Allez-vous rencontrer des responsables politiques algériens lors de votre visite ?

Ce n’est pas à l’ordre du jour, mais certains en ont émis le souhait et donc j’étudierai la question au moment de me préparer ma visite.

Qui souhaitent vous rencontrer, les hommes politiques au pouvoir ou ceux dans l’opposition ?

Ma politique, de toute façon, est de ne jamais rencontrer que ceux du pouvoir ou que ceux de l’opposition. Ma politique est de rencontrer tous les acteurs du débat ouvert.

Interview réalisée par Fayçal Anseur

ALI YAHIA ABDENNOUR

El Watan 11 juin 2009

« Libérez la liberté, la liberté fera le reste » Victor Hugo Le principe de la liberté de la presse n’est pas moins essentiel, n’est pas moins sacré que le principe du suffrage universel. Quand l’histoire d’un dirigeant est finie, il ne faut pas forcer le destin en ajoutant un chapitre. L’abstention à l’élection vaut désaveu. Le boycott est une arme politique. Homme de rupture, homme de compromis ou les deux ? Habitué des prétoires ou homme rompu aux arcanes politiques ? Le doyen des avocats, ardent défenseur des droits de l’homme, toujours là lorsque les libertés sont mises à mal, Ali Yahia Abdenour s’est fait aussi des ennemis. Mais le vieux routier des barreaux ne laisse jamais indifférent. Si on loue souvent sa constance en sachant garder le cap, malgré les vents contraires, on lui reproche également de s’être « acoquiné » avec des parties qui ont failli mettre en péril la République. L’ennui avec lui, c’est quand on entreprend de parler de lui, il faut vraiment patienter, tendre patiemment l’oreille pour attraper quelques confidences sur sa personnalité faite de militance depuis plus d’un demi-siècle. Mais le hic est que Abdenour n’aime pas parler de lui mais de ses idées qu’il assène vaille que vaille, ici et là pour que son appel (cri ?) soit entendu. Dévoué, lutteur acharné, il jouit d’une notoriété que nul ne peut lui contester, mais surtout d’une autorité morale, mise au service des causes qui lui sont chères, à la tête desquelles son obstination à en découdre avec le « système » qu’il n’a jamais cessé de denoncer. « Le pouvoir ne se soumet pas aux normes juridiques nationales et internationales qui fondent un Etat de droit. La démocratie est contrôle du pouvoir et pouvoir de contrôle. Les deux principes fondamentaux de la démocratie, à savoir l’autodétermination du peuple et l’alternance politique ont été confisqués. La dégradation politique et morale des institutions est due à l’absence d’alternances qui permet de maintenir au pouvoir les mêmes clans et les mêmes intérêts durant une longue période. Les Constitutions peu appliquées sont révisées et surtout usées avant d’avoir servi. Elles ont été bafouées quotidiennement et dans de nombreux domaines. Un militant inflexible L’Algérie a eu 5 Constitutions en 47 ans d’indépendance pour avoir leur respect et les régles de jeu qu’elles impliquent. L’Algérien ne peut avoir des droits s’ils n’est pas élévé d’abord à la dignité politique de citoyen. Le plus grave n’est pas d’être un sujet mais d’être appelé citoyen. Aujourd’hui, une nation de sujets est prête à devenir une nation de citoyens ». Né le 18 janvier 1921 au village Taka à Michelet, Abdenour y a fait des études jusuqu’au certificat d’études qu’il décrocha en 1934. Il passe au collège de Tizi Ouzou où il obtient le Brevet élémentaire. Par dérision et vu les conditions difficiles de l’époque, on l’appelait le brevet alimentaire, « car il pouvait nous ouvrir les portes du travail. » Son père Amokrane, instituteur qui a pris sa retraite en 1930 et qui enseignait à Bordj Ménaïel, l’accompagna et l’encouragea dans cette trajectoire. Au déclenchement de la Deuxième Guerre mondiale, Abdenour est instituteur à Souama, près d’Azzazga avant d’être muté à Médéa où il gagne des grades dans sa carrière. Il est mobilisé en février 1943 à Blida puis affecté à Kenitra au Maroc. Il débarque avec la 2e DB le 15 aôut 1944 à St-Tropez. Avec ses camarades, ils font la jonction avec les Américains, mais lors de cette opération, il est blessé et transféré à l’hôpital de Toulouse. Il rentre en Algérie, à la veille du 8 Mai 1945. Il est nommé instituteur à Miliana en 1946. C’est là qu’il fit la connaissance de Gharsi junior, fils du leader du PPA qui le fait adhérer au parti. A Affreville, il connaîtra Hocine Cherchalli, membre influent du parti, qu’il remplacera dans cette ville. Lors des élections à l’Assemblée nationale en 1948, la famille est mobilisée pour la campagne de Salhi de Azazga, notamment son frère Saïd pharmacien à Belcourt et Rachid lycéen. Après les éléctions et les remous qui s’ensuivirent, Rachid était recherché. D’ailleurs, juste après, il partit en France pour intégrer la Fédération de France du parti et s’illustra avec Benaï et Aït Hamouda comme l’un des principaux acteurs de la crise dite berbériste de 1949. Abdenour poursuivra son combat de militant à Miliana où le déclenchement de la lutte armée le surprendra en 1954. Il finira par intégrer l’UGTA après la mort de Aïssat Idir. « Tout ce qui s’est fait dans cette organisation était sous ma responsabilité. » Arrêté le 7 janvier 1957, quelques jours avant la Bataille d’Alger, il passera 15 jours à la DST de Bouzaréah puis à la sécurité militaire, avant d’être dirigé au camp de concentration de Berrouaghia. Il est transféré à Paul Cazelles puis à Bossuet ou dans l’ancien camp qui regroupait 2000 Algériens considérés comme irrécupérables. Fin novembre 1960, il est expulsé d’Algérie. Il part en France puis rejoint Tunis où il tient le secrétariat de l’UGTA. Un droit de l’hommiste convaincu A l’indépendance, il est élu député de Tizi Ouzou à l’Assemblée nationale constituante. Il est membre fondateur du FFS et conseiller de Mohand Ouelhadj. Il n’est pas en odeur de sainteté avec Aït Ahmed et s’oppose à Ben Bella, lorsque celui-ci signe un accord avec Da L’hocine. Le 10 juillet 1965, il est nommé par Boumediène ministre des Travaux publics. Une année après, on lui confie le portefeuille de l’agriculture où il ne fera pas de vieux os. « Boumediène m’avait fait appel pour la réforme agraire, le groupe de Oujda représenté par Kaïd Ahmed et Medeghri était foncièrement contre cette réforme. De violentes discussions ont eu lieu au Conseil des ministres, en septembre 1967. Un mois après, j’ai démissionné. » De tous les procès dans lesquels il a plaidé, Abdenour reste marqué par l’affaire du FIS, où faut-il le signaler, il a tenu le haut du pavé. Il a connu Boudiaf en tant que militant avec Omar Oussedik. « Lorsque la crise enflait en 1991, je suis parti avec Hassan (Khatib) au Maroc où nous avons été accueillis par son oncle, président de parti et homme influent qui nous a accompagnés à Kenitra, chez Boudiaf, qui n’a cessé de marteler qu’il ne rentrerait en Algérie que lorsqu’il y aura la démocratie ». Quand il est rentré, « je l’ai rencontré le 18 février 1992. On a longuement discuté des événement, je lui ai dit de ne pas laisser les leaders du FIS à Blida car ce ne sont pas des militaires sinon la situation va s’aggraver. Il m’a répondu, cela ne relève pas de moi mais des décideurs, j’ai conclu qu’il était un décidé. C’était mon dernier contact avec lui, quand quelques jours après, j’ai évoqué les camps de concentration dans le Sud, dans une conférence en Espagne, ce qui était une réalité, Boudiaf avait répondu ‘‘celui qui en a parlé, est le premier à y figurer’’. » Abdenour a accueilli cette sentence avec humour, il poursuivra son combat en allant prêcher sous d’autres chapelles. St Egidio ? « Abbassi était contre car, selon lui, il n’était pas question d’aller négocier dans une église, Benhadj m’avait dit, ramenez la paix quitte à négocier avec le diable. La paix, voilà ce qui importe ! » « La plateforme du contrat national du 13 janvier 1995 a été rendue nécessaire devant l’impasse politique qui a fermé la porte à toute solution de la crise. Elle a permis la réunion de 7 partis politiques et de la LADDH à Rome pour chercher une solution pacifique. Il y a une solution de rechange à celle de la violence et du tout sécuritaire. La plateforme ouvre la voie au pluralisme politique, syndical et culturel, au multipartisme, à l’alternance au pouvoir, au respect des droits de l’homme, à la défense des libertés collectives et individuelles, à la liberté d’expression, au refus de la violence pour prendre ou garder le pouvoir. » Pour Abdenour, c’était la seule alternative pour sauver ce qui restait à sauver. « Les signataires de l’appel ont ouvert un espace de liberté dans un climat politique fait d’intolérance et de haine, alimenté par la terreur, la culture de l’exclusion, une répression qui n’a pas respecté les règles d’un Etat de droit. » Violence, terreur, intolérance des mots assez durs auxquels notre interlocuteur ajoute « la fraude électorale bien intégrée dans les mœurs politiques du pays, les pratiques qui faussent le scrutin et le libre choix des électeurs sont permanentes ». Seule la démocratie… La seule constante de la pratique politique que le pouvoir maîtrise parfaitement est la fraude électorale. Les élections préfabriquées ne mènent pas à la démocratie et à l’alternance, mais à la normalisation autoritaire de la société. Il faut restituer au peuple le droit de voter librement, abolir la fraude qui déforme le suffrage universel et la vérité électorale. » Pour l’ardent défenseur des droits de l’homme, la corruption est une autre plaie qui vient se greffer à ces tares. « La corruption est inséparable de l’exercice du pouvoir. Elle est à tous les niveaux et dans tous les domaines. Un contrôle rigoureux permettrait de mettre au jour de nombreux scandales politico-financiers. Un dirigeant qui est en grâce avec les décideurs ne peut être poursuivi quand il est en délicatesse avec la justice pour malversation ni jeté en pâture à l’opinion politique ». Pour Abdenour, la paix et les droits de l’homme sont les deux aspects indissociables de la vie humaine. « La paix sans la vérité et la justice n’est qu’impunité. La réconciliation nationale qui devait être un grand projet politique est réduite à sa dimension politique. Elle a sacrifié les impératifs de vérité et de justice. L’amnistie n’est pas une solution sécuritaire, il faut lui apporter une solution politique. Les morts sans sépulture ? Des vivants sans existence. Ils n’ont que la mémoire collective comme sépulture. Aucune affaire des disparus n’a été élucidée. » Pour l’avocat qu’il est, l’Algérie, selon lui, n’a pas évolué durant cette dernière décennie où l’économie a été gérée avec une incroyable légèreté. « Les grands indicateurs économiques sont au rouge, la politique néo conservatrice, ultra-libérale ne peut qu’aboutir à une société duale, verticalement divisée entre, d’une part, les nantis qui vivent bien, et, d’autre part, la majorité du peuple exaspéré par les conditions de vie qui lui sont réservées. L’Algérie est l’exemple d’une profonde injustice sociale. Nos enfants qui ont choisi la liberté-harraga n’ont trouvé que la mort et la prison. La presse qui en fait état quotidiennement est aussi un baromètre de la société. La liberté de la presse est une conquête fragile qui doit être cultivée, renforcée », suggère le vieil homme qui, à 88 ans, continue, comme à ses plus beaux jours, de lutter pour ses idées, de lutter pour les autres… même si son combat solidaire apparaît trop solitaire… Parcours Né le 18 janvier 1921 à Michelet, Ali Yahia Abdenour a été instituteur militant du PPA et du FLN. Détenu durant de longues années, il est nommé ministre à l’avènement du régime de Boumediène. ll finira par démissionner. Avocat, il fera de la défense des droits de l’homme son sacerdoce. Pour lui, « il n’y aura pas de réforme de la justice tant que le pouvoir est concentré aux mains d’une seule personne. Il faut non pas un changement dans le régime mais un changement de régime » ,clame-t-il. Pour lui, les restrictions imposées parlent pouvoir à tous les niveaux, peuvent engendrer des réactions populaires imprévisibles. Abdenour au nom de la LADDH a été l’un des principaux animateurs du contrat de Rome. A 88 ans, il continue d’activer en se soumettant à l’écriture de ses mémoires. A son actif ,deux livres : Raison et Déraison d’une guerre L’Harmattan 2000 et La Dignité humaine Inas 2006.

Par Hamid Tahri