droit des Bérbère par Mr SID LAKHDAR BOUMEDIENE

Je vous propose avec la bienveillance de l’administrateur ce texte de l’un de nos plus brillants intellectuel mr SID LAKHDAR BOUMEDIENE professeur d’econmie de son etat bonne lecture A mes compatriotes berbères La Tribune – 19 mai 2001. A chaque réminiscence de la douleur de mes compatriotes berbères j’éprouve le souhait et le devoir de leur témoigner mon entière solidarité. Dans ces moments, j’ai envie de leur répéter inlassablement, si mon engagement militant ne le prouvait déjà, que leur douleur est la mienne. J’ai envie de leur dire, avec l’humilité et la pudeur que les évènements exigent, que je les aime avec la même intensité que toute partie de mon identité. Lorsque l’occasion m’en a été fournie dans ces nombreuses années de militantisme, j’ai toujours débuté mes paroles en rappelant que je suis algérien et donc également citoyen de Kabylie, de droit et de cœur. J’ai cette naturelle impression que je suis parmi les miens lorsque je m’adresse à eux. Ma position serait identique quels que soient le lieu et la communauté, de surcroît lorsque cette dernière a le sentiment de subir une humiliation.. Il est intolérable pour tout démocrate de voir cautionner le crime perpétré contre le droit à vivre son identité. Nul n’est né sur cette terre d’Algérie pour imposer aux autres son point de vue sur ce qu’est et doit être la culture et la langue dominantes. Nul ne peut annihiler le droit à quiconque de parler et de s’épanouir avec la langue transmise par ses parents, de perpétuer des pratiques, d’honorer des conventions et de tout simplement vivre sa vie comme on le ressent et comme on l’a héritée. La nation est une communauté de destins, pas un goulag où le plus fort imposerait au plus faible sa conception des choses. Car s’il fallait imposer des critères stupides comme celui de l’antériorité ou celui de l’histoire pour imposer une culture dominante, certains n’y trouveraient justement pas leur compte. Mais au moment où j’écris ces mots, comme à chaque fois que je l’ai fait dans le passé, j’ai en même temps conscience que les discours de fraternité ne suffisent plus à nos compatriotes bafoués dans ce qu’ils ressentent au plus profond d’eux-mêmes. Ils ont raison car le discours doit être suivi d’actes concrets et les évènements récurrents de Kabylie, de plus en plus sanglants, en démontrent l’urgence. La langue et la culture berbère doivent non seulement être reconnus dans les textes, ce qui est le pas le plus facile, mais aussi et surtout dans les cœurs, ce qui serait plus probant. Car, contrairement aux espoirs de certains, une simple inscription dans la constitution, sans autre rapprochement dans les esprits et les cœurs, ne serait que la transposition dans le texte d’un rapport de force qui s’exprime bien dangereusement dans la réalité quotidienne. Mais que faire lorsqu’on a la seule représentativité de soi-même ? Hurler son indignation devant la bêtise n’a pas suffit. Militer aux plus hautes responsabilités, quelles soient politiques ou associatives, n’a pas plus donné de résultats. Prendre sa plume pour témoigner de son soutien n’en aura probablement guère beaucoup plus comme à chaque fois, mais le devoir et la morale l’exigent. Dès le début, lorsqu’il s’est agit de prendre position pour la reconnaissance de l’identité pleine et entière de mes compatriotes, je n’ai pas hésité un seul instant. Mais combien de déceptions a-t-il fallu surmonter pour finalement n’avoir, seul dans son coin, que la force de l’indignation. Que faire et que dire lorsque des compatriotes berbères se précipitent dans les bras du pouvoir pour le soutenir et le légitimer ? La colère intérieure est grande lorsqu’en même temps il faut s’imposer la rigoureuse règle de ne jamais rappeler à une communauté qui souffre les errements de certains. La faute commise par ces derniers est une faute qui est subie par tous les algériens et ne peut être imputée à la Kabylie. Mais comme la tentation est grande pour les tenants d’une culture arabo-musulmane unifiée de rappeler cette triste vérité, je ne peux entièrement l’éloigner de ma pensée. Je constate aujourd’hui encore que cette minorité se présente comme un recours pour la défense des droits des berbérophones, oubliant bien rapidement qu’elle fut jusqu’aux derniers instants partie prenante du pouvoir. Et comme je crains que la manœuvre risque de réussir de nouveau, l’indignation est encore plus forte que la peine. Prions que la tentation de mettre de l’huile sur le feu et de prôner un extrémisme violant ne se manifestent jamais dans l’esprit tourmenté de ceux qui souhaiteraient faire oublier de coupables errements. Un cas de figure bien souvent rencontré dans l’histoire de l’humanité. Que faire et que dire encore lorsqu’on a vu ses anciens camarades, que des considérations internes (et non politiques) ont éloignés de vous, participer et patauger lamentablement dans des institutions qui n’avaient comme but que celui de légitimer un pouvoir. Les bras vous en tombent. Heureusement, la conviction est si sincère qu’elle permet de dépasser les bêtises qui se sont accumulées. Nos compatriotes berbères ont besoin que s’exprime envers eux un appel du cœur et des actes concrets. Je n’ai pour ma part à leur dire qu’une seule chose, « je vous aime ». Car, à l’instar d’une mère, une nation ne peut laisser souffrir l’un de ses enfants sans lui rappeler sa profonde affection. Et jusqu’à preuve du contraire, cette nation, c’est nous. par SID-LAKHDAR – publié dans : droit des berberes Mardi 28 mars 2006 La souffrance de nos frères berbères a assez duré ! La Tribune, 22 janvier 2002 Des mois de souffrance, des vies sacrifiées et des millions de gens meurtris par le mépris qui leur est opposé, ce crime qui cause la douleur intarissable de nos frères berbères doit cesser ! Il est temps aujourd’hui d’affronter sérieusement et sans faillir la grande question de l’unité nationale. Nos frères berbères souffrent et les autres citoyens de ce pays ne peuvent continuer à détourner la tête en refusant d’entendre le cri du désespoir. L’atteinte au libre usage d’une culture est un crime car elle se confond toujours avec le bien le plus précieux de l’humanité, celui de l’intelligence, celle là même qui nous distingue des bêtes et des civilisations ancestrales et barbares. La révolte de nos frères de Kabylie est légitime car elle réplique à une situation intolérable de déni de droit et d’oppression. Nul arabophone, et certainement pas moi-même, ne saurait dicter à quiconque ce qui serait la culture dominante, la culture officielle ou encore la culture historique d’un pays. Chacun a non seulement le droit de vivre sa citoyenneté avec la richesse culturelle qui lui a été transmise mais aussi le devoir impérieux de contribuer à son épanouissement au bénéfice de la nation. Même le problème islamiste, bien que douloureux et violent, n’a jamais posé à ce point la question de la rupture nationale car il est un accident de l’histoire dont les dirigeants de ce pays ont largement contribué à alimenter. La question berbère est d’une toute autre envergure car elle dissimule les plaies les plus profondes et les rancœurs les plus dangereuses jusqu’à risquer de provoquer un jour ou l’autre l’irréparable. L’aveuglement des nationalistes, trop occupés à leurs incantations ridicules et à leur égocentrisme aveugle n’ont bien évidemment pas su consolider cette nation. Les seules fondations solides qu’ils ont pu ériger sont celles des patrimoines personnels et des pouvoirs inamovibles avec l’aide du ciment de la terreur et de la corruption. Depuis des mois des révoltes sanglantes éclatent sans perturber le moins du monde ce système monolithique d’une rare insensibilité. Comme il est impossible de leur parler de démocratie, d’humanisme, de culture et même de la beauté des petits oiseaux, essayons de nous introduire dans la logique psychologique et lexicale de leur monde de violence. Essayons par conséquent de nous mettre à leur place pour recenser les possibilités qui leur sont ouvertes pour résoudre la question berbère, eu égard à leur caractère. Jeter les berbérophones à la mer ! Impossible. Les supprimer par un génocide ! Dangereux par les temps qui courent car l’opinion internationale et le TPI font régner la politique d’ingérence. En corrompant certains ! C’est déjà fait et ça ne fonctionne plus. La lamentable histoire des ” dialoguistes ” le démontre aisément. L’intimidation par la terreur et l’assassinat politique ! Une rentabilité marginale qui mobilise des fonctionnaires de plus en plus difficiles à recruter. La plupart des grands professionnels dans ce domaine se bousculent aujourd’hui dans les médias étrangers pour le repentir d’un métier qu’ils qualifient d’assassin (métier qu’ils n’ont d’ailleurs quitté que récemment). Décidément, l’impasse est manifeste et nous ne sommes pas prêts de voir la fin d’un régime qui continue une politique dont il n’a plus tout à fait les moyens et pas du tout l’intention d’arrêter. Quant à nous-mêmes, l’impasse est aussi manifeste car nous serions aujourd’hui, comme en 1991, aussi mal à l’aise avec un fusil qu’ils ne le seraient avec un dictionnaire. La gravité des évènements nous interdit pourtant de continuer à reproduire les mêmes stratégies d’opposition qui sont vouées à l’échec et qui engloutissent à chaque fois davantage de vies humaines pour un résultat nul. Des décisions radicales doivent être prises et notamment celles qui tournent le dos définitivement à toute discussion avec un pouvoir dont nous n’avons rien à attendre. Aucune solution ne semble donc envisageable si trois conditions essentielles ne sont pas réunies : __ La réconciliation de tous les démocrates par la mise à l’écart des leaders des deux partis dont la responsabilité est très lourde même si la qualification des fautes ne peut être identique. Sans cette condition préalable je ne vois vraiment pas comment le mouvement des démocrates pourrait réussir à s’unifier et imposer sa puissance. Les militants du FFS doivent avoir le courage de mettre fin à une ” barzanisation ” d’un mouvement qui n’a plus l’adhésion des jeunes et ceux du RCD de définitivement s’éloigner de l’image de collaboration que prouve leur passé. En démocratie la révocation est la sanction normale de l’échec, il ne faut pas s’en offusquer. Autrement il s’agirait de sectes, pas de politique et encore moins de démocratie. __ Le retrait immédiat de tous les démocrates des institutions dans lesquelles ils se déshonorent. Continuer à percevoir des subsides des institutions de l’Etat est probablement la fautes la plus grave que l’on puisse leur reprocher. Cette participation est coupable et intolérable. __ La non-participation à toute élection et le rejet définitif du système, y compris dans ses tentatives de régler la question berbère. Mais encore plus important est que nos compatriotes berbères doivent impérativement recevoir un signe d’encouragement et de bonne volonté si l’on ne souhaite pas aller vers l’horrible impasse de la guerre civile. Il suffit de surfer dans les différents forums de l’Internet pour s’épouvanter de la querelle qui y fait rage entre de très jeunes citoyens. Les insultes et les invectives réciproques atteignent des niveaux horrifiants de racisme, d’intolérance et de bêtise. Quant à la pseudo réflexion, chacun y va de son Khalife ou de son Jugurtha pour lancer à la figure de l’autre son passé, qui antérieur, qui plus honorable que celui de l’autre. Cela est indigne et doit cesser.

par SID-LAKHDAR – publié dans : droit des berberes

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