Amnesty dénonce la torture en Algérie

Amnesty dénonce la torture en Algérie

Arezki Aït-Larbi
15/10/2007

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«LES COUPS, les décharges électriques et l’ingestion forcée d’eau sale, d’urine ou de produits chimiques font partie des nombreuses méthodes que les forces de sécurité algériennes continuent à utiliser en bénéficiant d’une impunité constante.» Dans un rapport publié aujourd’hui, Amnesty International dresse un réquisitoire impitoyable contre le Département du renseignement et de la sécurité (DRS, services spéciaux), accusé de «pratique persistante de la torture».Témoignages recueillis entre 2002 et 2006 à l’appui, l’organisation révèle que «les agents du DRS arrêtent des individus et leur infligent des tortures et des mauvais traitements essentiellement parce qu’ils les soupçonnent de détenir des informations sur des groupes armés». Ces arrestations, qui échappent au contrôle de la justice, autorisent tous les dérapages. Comme ces «milliers de personnes [qui] ont «disparu» après avoir été détenues dans des centres secrets dans les années 1990, sans que leur sort ait été élucidé».

Sur fond de «réconciliation nationale», ces violations des droits humains – certes «moins nombreuses que dans les années 1990» – contrastent avec «l’impunité pour les crimes de droit international commis tant par les membres des groupes armés que par les agents de l’État». Selon Amnesty International, «plus de 2 000 individus inculpés ou condamnés pour leur participation à des activités terroristes ont été remis en liberté en mars 2006. Parmi eux figuraient des chefs connus de groupes armés, emprisonnés depuis plusieurs années». Comme Abdelhaq Layada, condamné à mort en juin 1994. Dans la posture du vainqueur, le premier «émir» du GIA a exigé, il y a deux semaines, l’instauration d’un État islamique pour convaincre les 800 militants du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) toujours en activité de déposer les armes.

Dialogue de sourds

Considérant «que les intérêts de la justice et de la sécurité ne peuvent être servis si les détenus sont privés de leurs droits fondamentaux», Amnesty International propose au gouvernement une série de recommandations pour mettre fin aux détentions secrètes et renforcer le contrôle judiciaire. Entre les autorités algériennes et l’ONG, le dialogue de sourds risque toutefois de perdurer.

Depuis les années 1990, Alger, tenté de justifier les «dépassements» des forces de sécurité par les impératifs de l’antiterrorisme, accusait les ONG de fermer les yeux sur les crimes des islamistes. En déclarant que «la campagne de l’Algérie contre le terrorisme vise avant tout à anéantir des groupes armés dans le cadre d’une lutte pour le pouvoir au niveau national», Amnesty International tend à donner au terrorisme «intra muros» une légitimité politique. Une «exception algérienne» qui, à l’heure de la lutte planétaire contre l’intégrisme, pourrait conforter les islamo-conservateurs et les partisans d’une normalisation autoritaire dans leur fuite en avant.

source: le figaro.fr

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